In Tenebris, second tome de la Trilogie du Mal de Maxime Chattam
>Le livre: In Tenebris de Maxime Chattam, Edition Michel Lafon, 2003, 596 pages, 8€20.
> Le pitch: Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges. La plupart d'entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, et prétend s'être enfuie de l'Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s'il n'y avait pas ces photos, toutes ces photos...
Annabel O'Donnel, jeune détective à Brooklyn, prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin, spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville? Et si Julia avait raison, si c'était le diable lui-même? Ce mystère, ce rituel... Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage... dans les ténèbres.
[ JE N'AI PAS FAIT DE SPOILERS SUR L'INTRIGUE, SINON LE PLAISIR EN SERAIT GACHE, VOUS POUVEZ DONC LIRE LA CRITIQUE SANS RISQUE!]
> Dérangeant. Oui, vraiment, ce deuxième tome de la Trilogie du Mal est perturbant, presque choquant parfois. Est-ce le thème qui ici me dérange? Possible. Quoiqu'il en soit j'ai trouvé ce thriller beaucoup plus poussé et abouti que L'âme du Mal quand à la démonstration de cruauté. Bien que le premier tome était particulièrement oppressant, celui-ci est parfois plus difficile à supporter à la lecture tant les scènes sont écoeurantes de réalisme. Ames sensibles s'abstenir! Mais attention ce n'est en soit un défaut, bien au contraire. Maxime Chattam nous confronte une fois de plus à la peur, au mal en personne. Si son premier tome traitait plutôt de la création d'une personne maléfique par les méfaits de la famille, ce second ouvrage incrimine la société. Toujours à la recherche d'un rapport fidèle à ce que sont les tueurs en série dans la réalité, l'auteur nous trouble et sème l'angoisse avec aisance au travers de ses pages.
Petit point négatif cependant, si je compare à L'âme du Mal qui m'a véritablement transporté, In Tenebris m'a moins captivé dans ses premiers chapitres et ne m'a véritablement saisi totalement que sur la deuxième moitié. Le rythme est toujours aussi entraînant même si le début de cet ouvrage est plus descriptif que ce qu'était le premier tome. Je me suis également beaucoup moins attaché au personnage d'Annabel O'Donnel qu'à celui de Juliette ce qui pourrait expliquer ma réticence première. Malgré tout, ce petit bémol ne gâche en rien le plaisir que j'ai eu à dévorer ce thriller français à l'américaine. Indéniablement, Maxime Chattam est dans la cour des grands à l'image de Jean-Christophe Grangé (qui est mon auteur de polar favori). Terriblement angoissant et captivant, In Tenebris vous plongera à nouveau avec délice dans les méandres du Mal.