Des garçons d'avenir, roman de Nathalie Bauer
> Le livre: Des garçons d'avenir de Nathalie Bauer, Philippe Rey, Août 2011, 438pages, 20€.
> Le pitch: En 1915, Raymond Bonnefous, étudiant en médecine, part pour la guerre, où il passera près de quatre ans dans l'enfer des tranchées, aux postes de secours où défile l'effarant cortège de blessés et de mutilés. Avec les autres médecins, dont ses amis Morin et Declercq, souvent au péril de leur propre vie, ils tentent de soulager la souffrance qui afflue vers eux. Mais aussi de l'oublier...
Car ces "garçons d'avenir" ont envie de vivre. Employant leurs moments de liberté à monter à cheval, à s'amuser à Paris, à revoir leurs proches, à aimer aussi, ils s'acharnent à renouer les fils de leur existence d'avant-guerre sans cesser de s'ouvrir à de nouvelles expériences. Ainsi, au mépris de tout, Bonnefous et Declercq se lancent dans une singulière relation avec la fraîche et lucide Zouzou: derniers instants d'insouciance d'une génération qui voudrait prolonger un monde en train de disparaître.
De l'horreur des combats quotidiens surgissent des êtres capables de trouver néanmoins une forme de bonheur. Paradoxe qui fait de ce texte magistralement écrit, solidement documenté, un des plus beaux romans consacrés à la Grande Guerre et à ceux qui tentent malgré tout d'y demeurer des hommes.
> Voilà un roman très riche en informations, très touchant, mais trop lourd à digérer! Nathalie Bauer a écrit ce texte en s'inspirant des nombreux documents de son grand-père Raymond Bonnefous, de ses carnets, de ses lettres et de ses photos, dont certains sont reproduits dans le livre. Le tout donne donc un aspect très documenté à ce roman. Alors, certes, sur de nombreux points c'est plutôt positif: les informations sont réelles et réalistes, le témoignage est poignant et violent et il est passionnant de regarder les visages des personnes que l'on apprend à connaître à travers ces pages. Mais parallèlement le texte en devient trop détaillé, trop précis, trop "encyclopédique" parfois. J'ai malheureusement eu beaucoup de mal à m'accrocher et j'ai failli abandonner à de nombreuses reprises sa lecture.
Mais si j'avais arrêté au beau milieu, j'aurai tout de même eu le regret de ne pas lire le tableau final tragique et terriblement poétique auquel est confronté le "héros". Je n'aurai pas alors pleuré à chaudes larmes lorsqu'enfin, après 400 pages de texte, l'émotion réelle était au rendez-vous. Mais mis à part cette fin très romanesque, très éprouvante, l'ensemble connaît de trop grandes longueurs de phrases, des énumérations à n'en plus finir qui nous perdent dans ce nord-est français. Il est vrai que je ne suis pas une grande amatrice de romans sur la guerre bien que le sujet soit passionnant à traiter. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles mon enthousiasme a été absent durant la lecture. Enfin, le style de plume de Nathalie Bauer, bien que très beau, est parfois un peu trop pointu et rajoute alors un autre argument dans le manque de plaisir lorsqu'on lit son roman.
Les critiques encensent dans l'ensemble ce livre. Mon avis se trouve visiblement dans le mauvais camp. A vous de vous faire votre propre avis!