The casual vacancy (Une place à prendre), roman de J.K. Rowling

Publié le par les-critiques-de-yuyine

> Le livre: The casual vacancy ou Une place à prendre pour la traduction française (réalisée par Pierre Demarty) de Joanne Kaythleen Rowling, Little Brown editions (ou Grasset pour la France), septembre 2012, 503p. (édition anglaise), 24€.

 

http://2.bp.blogspot.com/-blg1FPwGCi4/UIwsGMkBNrI/AAAAAAAADw4/CFLbwYVLs08/s1600/acasualvacancy.jpg> Le spitch: Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable. Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie. Attendue de tous, J.K. Rowling revient là où on ne l’attendait pas et signe, avec ce premier roman destiné à un public adulte, une fresque féroce et audacieuse, teintée d’humour noir et mettant en scène les grandes questions de notre temps.

 

> Un roman noir, cruel mais touchant, qui surprend, choque et attire. A première vue, je m'attendais à un roman policier. Très rapidement, j'ai compris qu'il s'agissait plutôt d'un roman noir. Enorme changement de style pour la créatrice des Harry Potter, même si, certaines marques de fabrique de l'auteur restent là. Mais il s'agit bien ici, en effet, d'un roman pour adultes. Langages et comportements crus, cruels, violents même. Les adolescents, si chers à Rowling, connaissent aussi un profond remaniement. Des très sages sorciers, pures, presque irréels de part leur perfection, on passe à des adolescents réalistes, torturés, qui font l'amour, ont des érections, se drogue, se mutile, ont des attirances et des comportements parfois terriblement malsains. Et c'est un vrai bonheur! Bien sur, du premier abord c'est particulièrement perturbant. Mais ensuite, on sent l'écriture libérée d'une auteur, son plaisir à décrire une autre facette de l'adolescence, et on adhère complètement au réalisme froid et barbare de leurs vies.

Tout lecteur cherchant un nouvel Harry Potter sera déçu: pas de magie, pas de monde féérique. C'est la réalité d'une petite ville anglaise qui nous ai décrite. Le point de départ? La mort du très aimé conseiller municipal Barry Fairbrother. Mais loin de décrire cette perte dans la vie de ses enfants (qui restent complètement secondaires), J.K. Rowling utilise cette tragédie pour montrer les noirceurs de cette ville aux apparences de banlieue chic et sans problème. Dans cette multitude de personnages, parfois malsains, toujours hypocrites, parfois cruels, ce sont les adolescents qui sont les mieux décris. Personnages complexes qui se croisent et luttent, chacun à leur manière, contre les méfaits des adultes. C'est en ce sens que la pâte de l'auteur est toujours présente: les adultes sont parfois les plus puériles, les plus faibles. Et ce sont les adolescents qui sont à l'honneur, même dans leurs défauts.

Attention cependant, ce roman est très sombre.Loin de vous remonter le moral, il vous plonge dans les horreurs de la réalité la plus sordide parfois. C'est avec quelques larmes que j'aurai terminé sa lecture, définitivement conquise et embarquée derrière des personnages merveilleusement écris. 


En bref, J.K. Rowling a complètement changé de fusil d'épaule, c'est évident. Mais c'est une réussite et ce roman "noir" parfois choquant ou repoussant de part sa violence est une oeuvre, une fois encore, bien écrite et aux personnages plus construits que dans la plupart des romans actuels. 

 


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