"Sleeping Beauty" de Julia Leigh

Publié le par les-critiques-de-yuyine

 

http://cdn-elle.ladmedia.fr/var/plain_site/storage/images/loisirs/cinema/news/cannes-2011-sleeping-beauty-le-film-polemique-1578088/17485628-1-fre-FR/Cannes-2011-Sleeping-beauty-le-film-polemique_mode_une.jpgPremier film de l'australienne Julia Leigh, présenté en compétition officielle à Cannes en 2011, il est sorti sur nos écrans le 16 novembre avec une interdiction pour les spectateurs de moins de 16 ans.

 

Synopsis (by Allociné):

Ce que les hommes lui font la nuit, Elle l'a oublié au réveil. Une jeune étudiante qui a besoin d’argent multiplie les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé…

 

      Dérangeant. Voilà mon ressenti à la sortie de la projection de "Sleeping Beauty". Ce film suit une jeune fille à l'allure de poupée qui n'est pas si innocente qu'on pourrait le croire et qui n'hésite pas à utiliser son corps de toutes les façons pour gagner de l'argent. Son corps sert tour à tour de cobaye à la science, de serveuse dénudée dans des soirées privées, ou de belle endormie auprès de vieillards. Le corps comme objet a déjà été traité au cinéma mais rarement de cette manière si dérangeante. Le spectateur devient voyeur complice de quelque chose qui ressemble à une perversité élégante. Ce qui marque dans ce film de Julia Leigh c'est la mise en scène. Tout est basé sur l'image, ce film est plus un tableau qu'un réel contenu cinématographique. Peu de dialogue, pour un si dire pas de BO, juste des images. Le jeu du "personne ne vous voit" nous donne une place gênante. En fait, ce film m'a donné un sentiment étrange et perturbant comme l'a fait Melancholia (avec moins d'enthousiasme ici). C'est une inspiration très Lars Von Trier qui englobe l'ensemble. Il est d'ailleurs dit que la réalisatrice a demandé à son actrice Emily Browning (tantôt Lucy, tantôt Sara) de s'inspirer de Charlotte Gainsbourg dans le célèbre "Antichrist".

Cependant, ce long métrage se saborde de par son plus grand point fort. Les images certes sont indéniablement parfaites. Mais le manque d'explication, le manque de dialogue et la construction en scènes qui se suivent sans grand lien rendent le film incompréhensible voir hermétique. On ne rentre pas das l'histoire, notre rôle reste celui d'observateur. Mais du coup on ne s'y accroche pas et le film connaît alors des longueurs interminables dues aux répétitions de rituels. Enfin, l'aspect dérangeant l'est parfois trop au point de choquer. On comprend alors l'interdiction aux moins de 16 ans. Point de violence sexuelle, seulement des corps nus, mais une ambiance perverse grandement dérangeante qui choquera sans nul doute.

 

En bref, Julia Leigh est très prometteuse en tant que réalisatrice. C'est ici une artiste peintre aux images choquantes à l'inspiration Lars Von Trier. Mais au final, "Sleeping Beauty" m'aura quelque peu endormi moi aussi et m'aura surtout perdu au milieu d'une vie chaotique que je n'ai pas vraiment compris.

 

Bande-annonce:


 
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Publié dans Cinéma

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