"Restless" de Gus Van Sant

Publié le par les-critiques-de-yuyine

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Présentée en ouverture de la compétition Un autre Regard à Cannes cette année, cette romance de Gus Van Sant est sorti en salle le 21 septembre 2011. Un magnifique drame plein de poésie et d'originalité.

 

Synospsis (by Allociné):

Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune et jolie Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.

      Sortez les mouchoirs! Ce film est plein d'émotion et vous fera verser de nombreuses larmes si vous êtes un minimum sensible. Ce qui touche avant tout c'est la manière gracieuse dont Gus Van Sant dépeins une jeunesse hantée de noirceur, le tout dans une infinie douceur. La rencontre de ces deux êtres atypiques émouvante et pleine de paradoxe nous interrogent sur le sens de la vie, la mort, la perte. Le réalisateur réussit une fois encore (il l'avait déjà démontré avec Harvey Milk) à décrire des gens avec beauté. Ici il s'agit de l'amour de la vie, de celui de la mort, de l'amour lui-même. Ce film traite de deux sujets abordés de nombreuses fois au cinéma: la maladie et la perte de l'autre. Mais il le fait avec beaucoup d'originalité et c'est là la force de ce film. Certes il s'agit d'une romance dramatique, mais les personnalités intrigantes des deux protagonistes et leur façon de voir la vie change des autres films du genre. Mieux encore, les jeunes gens se moquent avec ironie du mélo de ce type d'histoires en faisant une répétition de la mort d'Annabel avec musique et discours mielleux.

Autre aspect très positif de ce "joli drame": la complicité des deux jeunes acteurs. Mia Masikowska (Alice dans Alice au pays des merveilles) et Henry Hopper sont en parfaite symbiose et leur jeu en devient somptueux. Beaucoup de grâce se dégage de ce duo étrange, beaucoup d'amour, apportant ainsi un peu plus de douceur à un film qui baigne pourtant dans le morbide. Le jeune Enoch, orphelin, détruit par le fait de ne pas avoir dit au-revoir à ses parents et hanté d'un fantôme japonais & la jeune Annabel cancéreuse certes mais passionnée par la vie et par Darwin... Magnifique duo.

Maintenant quelques bémols, car il y en a quelques uns. L'apparition fantomatique d'un kamikaze japonais m'a semblé être une farce inutile et parasite à l'histoire. Elle n'y apporte que peu d'intérêt et dessert malheureusement la crédibilité du personnage d'Enoch. Autre point négatif, le manque de construction du scénario a certains moments du film donne un aspect non-fini, ou tout du moins non-fignolé à l'ensemble ce qui est bien dommage.

 

Ce film reste malgré tout un petit bijoux, émouvant, doux, beau et original. Les amoureux de Van Sant s'accorderont sans doute à dire qu'il signe ici son meilleur film. En bref qu'il est bon de voir autant de grâce sans entrer dans la niaiserie plate de la plupart des romances!

 

Bande-annonce:

 


 

Publié dans Cinéma

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