La canine impériale de Pierre Chamoz, vampirisme au 19ème

Publié le par les-critiques-de-yuyine

http://www.les-agents-litteraires.fr/wp-content/uploads/2011/05/La-canine-imp%C3%A9riale-210x300.jpg> Le livre : La Canine impériale, de Pierre Charmoz et Studio Lou Petitou,Sous la cape, 376 pages, 20 € en format papier, contribution libre en format numérique.

 

> Le pitch : 1853. Monsieur et madame Badinguet sont à peine installés aux Tuileries que le pavé parisien regorge de cadavres exsangues. Vidocq et Renan mènent l’enquête, secondés par Prosper Enfantin, les Saint-Simoniens et l’énigmatique Van Helse. Sans oublier Anaïs, Élisabeth et la marquise de Las Maresmas, bien décidées à en remontrer aux hommes pour l’efficacité de la chasse anti-vampires.

 

>      Enfin une vraie histoire de vampires ! C’est ce que je me suis dit en commençant ce livre. Il est vrai que ces derniers temps les vampires étaient devenus, par effet de mode, gentils, romantiques voir bons fondamentalement. Mais pas ici. Et c’est ce qui m’a tout de suite plus dans ce roman. La canine impériale conserve l’imaginaire vampirique des plus classiques avec ses aspects envoutants, passionnels mais avant tout cruels. 

Qui plus est, ce roman s’inscrit dans des faits historiques réels, avec des personnages ayant existé. Les aspects historiques, d’ailleurs (mis à part de légers anachronismes dont est averti le lecteur), sont fidèles à la réalité. Il y a derrière cet écrit un vrai travail d’historien ! Et cela donne à ce roman fantastique un côté de troublant de vérité. Le lecteur aura tendance à se faire balader aisément entre Histoire (avec un grand H) et histoires. De quoi rendre la lecture troublante, comme sous une influence vampirique.

Cependant, j’émettrais quelques réserves tout de même. Malgré une écriture fluide et une histoire très intéressante, le lecteur aura tendance à décrocher facilement s’il ne lit pas ce roman d’une seule traite. En effet, les personnages sont nombreux, les histoires s’entrecoupent parfois de façon hasardeuse ce qui peut faire perdre le fil. J’ai moi-même dû relire certaines pages parfois pour situer un personnage ou comprendre un passage du livre. Et je ne l’ai pourtant lu qu’en une semaine. C’est le gros bémol selon moi pour cet ouvrage. La complexité de l’histoire découragera sans doute certains lecteurs également.

Enfin, La Canine impériale n’est pas destinée à des lecteurs jeunes en raison de passages orgiaques et/ou très libertins. Attention donc à ne pas proposer ce livre à la légère à votre adolescente fan d’histoires de vampires !

 

> Extrait : « [...]de très jeunes filles, elles, disparaîtraient – on en retrouverait parfois, cousettes et lingères, au fond d’une cour ou dans un recoin d’escalier, exsangues, le visage figé dans une expression de terreur indicible. La plupart, orphelines ou abandonnées. Des malheureuses, que nul ne réclame. Des enfants aussi, des petits cadavres non pas gonflés mais vidés de tout leur sang, au fil de la Seine, qu’on repêche du côté de Suresnes. »

 

[Critique publiée au préalable sur le site http://www.les-agents-litteraires.fr/ ]

Publié dans Littérature

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